Medellín, Guatape et Jardín

Une nuit peu reposante en bus plus tard, on débarque à Medellin. Un taxi nous amène à notre auberge où nous déposons nos affaires en attendant le check in. On rejoint ensuite Julie, une française rencontrée il a deux ans et demi au Portugal qui est aussi en voyage en Colombie. On prend un café ensemble dans le quartier de Poblado, le quartier touristique (et assez safe). Il y a pleins de petites adresses qui ont l’air très sympa, on voit qu’ils savent ce qui plaît aux touristes.

Ensemble, on prend un taxi pour le marché de Minorista. C’est un grand hangar rempli d’échoppes vendant toutes sortes de fruits et légumes ainsi que de la viande du poisson des épices et encore plein d’autres choses. Il y a des fruits que je n’avais pas encore vu jusqu’ici. On marche ensuite jusqu’au centre. On est pas des plus à l’aise car une rue à côté du centre (qui est considéré comme safe) est remplie de prostituées et toute la population qui va avec. Mais tout roule, on passe vite les barrières installées par la police et on découvre la place Botero et le reste du centre historique. Julie a fait un tour la veille et nous montre le chemin en expliquant ce qu’elle a retenu. On prend ensuite le métro aérien pour se rendre au jardin botanique de la ville.

La vue depuis le métro est impressionnante, on commence à se rendre compte de l’immensité de la ville. Ou que l’on regarde il y a des immeubles et des maisons. Medellin est entourée de montagnes qui sont couvertes de maisons/bidonvilles. Au plus on monte, au plus les gens sont pauvres. Les quartiers pauvres sont très isolés car il faut plusieurs heures à pied pour les atteindre. Il n’y a pas vraiment de route. C’est seulement depuis l’installation de télécabines il y a quelques années que ces parties de la ville sont plus accessibles. On mange un bout avant de visiter le jardin mais il commence à pleuvoir et on préfère donc rentrer à l’auberge faire une sieste.

Le soir, on retrouve Claudio, Jeanne et Julien avec qui j’avais fait un petit roadtrip à San Gil, pour manger. Julie se joint à nous. On se balade d’abord dans les rues du quartier très animés de Poblado. Bars, restaurant et clubs s’enchaînent sans fin, je ne pense pas avoir déjà vu une telle concentration. Après le restaurant, on va sur un rooftop d’une auberge pour boire quelques verres.

Dimanche, on prend le métro pour la comuna 13. Medellin est divisé en plusieurs communes et la plus connue est la 13. Autrefois c’était un des quartiers les plus dangereux de Medellin et même du monde. Les cartels en avaient le contrôle et y faisaient la loi. Personne n’était autorisé à y rentrer. Trafic de drogue et d’armes étaient le quotidien des habitants. En 2002, le gouvernement a envoyé des milliers d’hommes, avec tous l’équipement possible pour libérer ce quartier des cartels, tuant même des civils et créant une guerre de trois jours. Mais ce n’a pas réglé le problème, les paramilitaires ont contrôlé la zone pendant plusieurs années en étant encore plus violents que les cartels. Ce n’est qu’à la fin des années 2000 que le processus de transformation de la comuna 13 commence. Ils ont installé des escalators pour faciliter l’accès à la commune et ont mis l’art en avant. Aujourd’hui c’est un quartier très safe ou tout les artistes (peintre, chanteur, rappeur, danseur…) ont leur place. Les habitants sont fiers de leur quartier qui est devenu un véritable exemple en Colombie et même dans le monde, même si le prix à payer est l’arrivée des touristes.

Après la visite, on mange mexicain avant de reprendre le métro jusque notre auberge. On arrive juste avant la pluie qui arrosera Medellin toute la soirée. On va se coucher tôt, j’ai un gros rhume et je suis claquée.

Lundi matin, on fait nos affaires et on fait quelques courses avant de prendre le bus. Violaine a repéré une petite fabrique de cookies qui ont l’air divin. On en commande, ils les préparent et on les embarque tout chaud dans le bus. Ils feront office de petit déjeuner et waw qu’est-ce qu’ils sont bons! Ils font partis des meilleurs cookies que j’ai pu manger. Bref, après deux heures de bus, on arrive à Guatape, une petite ville à l’est de Medellin, dans les montagnes. On prend un tuktuk pour aller à notre auberge, qui est un peu excentrée. Elle nous a été recommandé et on comprend pourquoi. Super ambiance, super installation, le seul bémol est qu’elle est remplie de français. L’aprem on se balade. On veut tout d’abord marcher jusqu’à un point de vue mais on se retrouve devant une barrière où il est indiqué propriété privée donc on rebrousse chemin. On marche jusqu’à un autre, pas en altitude mais au bord du lac du coup, mais on nous empêche d’y accéder car c’est devenu un hôtel. Bref, on finira par aller au sommet de la ville d’où on a une petite vue sur la Piedra del Peñol, cette énorme rocher qui fait la réputation de Guatape. De retour à l’auberge, on cuisine et on fait papote.

Mardi, on fait le plein de fruits grâce au petit déjeuner proposé par l’auberge. Ensuite on marche jusqu’à la gare des bus où on arrive pile poil à temps pour le bus. Quelques minutes plus tard il nous dépose au pied de la piedra, enfin presque, il faut qu’on grimpe un peu jusqu’à l’entrée. Là on achète nos tickets et on commence les escaliers. 660 marches nous permettent d’arriver au sommet. Et la quelle vue ! Le lac Peñol est un lac artificiel créé pour produire de l’électricité. Il s’étend à perte de vue, le haut des anciennes collines créant des îlots. C’est sur une de ces rives que Pablo Escobar possédait une maison, qui est maintenant en ruine.

On profite de la vue avant de redescendre. De retour sur la route principale, un bus s’arrête dès qu’on arrive et nous ramène à Guatape, timing parfait ! On se balade dans cette ville colorée qui est vachement mignonne. On fait de nouveau le plein de légumes dans un restaurant végétarien succulent.

On marche ensuite jusqu’à l’auberge et on demande plus de renseignements sur le chemin pour aller jusqu’au mirador. On apprend donc qu’il faut bien passer par la propriété privée, que c’est normal et qu’il faut escalader les différentes barrières. On emprunte ce chemin et on grimpe jusqu’au point de vue, non sans passer par des minuscules sentiers qu’on doit limite escalader. Une fois en haut, on a le temps d’apprécier la vue deux minutes avant de se retrouver dans les nuages. Un fermier passe par la, nous parle dans un patois incompréhensible et s’en va (apparemment il va vendre son taureau dans une ville).

On redescend ensuite par la même route jusqu’à l’auberge, où on se prépare à manger après avoir pu apprécié un superbe coucher du soleil.

Mercredi, on prend notre temps. On va déjeuner en ville avant de profiter d’une après-midi ensoleillée à l’auberge (il pleut souvent en fin de journée ou en soirée ici). On savourera un bon cinnamon Roll acheté le matin même et on jouera aux cartes avec Gaspard, le dernier d’une famille de 5 qui voyage pendant un an en Amérique latine, en jeep et tente de toit. Le soir on ira manger des bonnes crêpes bretonnes avec Iris et Paul, rencontré à l’auberge.

Jeudi, il fait moche et ça tombe bien on a prévu de passer la journée dans les bus. On commence par un tuktuk qui nous dépose près de la gare des bus, ensuite un bus pour Medellin, un taxi pour aller à Poblado car Vio a oublié ses airpods dans l’auberge de Medellin (on en profite pour racheter des cookies), un taxi pour aller à un autre terminal et un bus pour Jardín, à 4h de là. On débarque en fin d’après-midi et on marche jusqu’à notre auberge (recommandée par Paul). Le soir, on va au restaurant et j’ai la bonne idée d’y oublier ma gourde. Je ne m’en rends compte qu’une fois le restaurant fermé et je vois ensuite qu’ils partent en vacances jusqu’au lundi. Heureusement je parviens à les contacter et on s’arrange pour que je récupère ma gourde avant qu’ils partent le lendemain matin.

On se réveille de bonne heure vendredi, on récupère ma gourde et puis on arrive au point de rendez-vous du tour qu’on a réservé la veille. On est une petite dizaine à partir en jeep sur les hauteurs de Jardín, on monte jusque 2300m. La vue est sublime sur la vallée. On finit le chemin à pied et on atteint le but de l’expédition, une cascade dans une grotte. On a droit à une petite empeñada et une arepa avant. Le groupe traîne pour descendre jusqu’à la grotte donc Violaine et moi en profitons pour vite avancer et on a la grotte juste pour nous. Les autres arrivent ensuite et certains décident d’aller se baigner. L’eau est entre 5 et 12 degrés, on passe notre tour. On remonte ensuite jusqu’à l’entrée avant de marcher jusqu’au jeep qui nous attendent pour redescendre.

On passe le reste de l’après midi à se balader dans le village, aussi très coloré, et on fait des courses pour notre souper (shakshouka au menu).

Samedi, on se réveille de nouveau tôt pour attraper le bus de 8h qui part vers Riosucio, première étape de notre trajet vers Salento. Il n’y a que des touristes dans le bus. Il faut 4h pour faire 50km et on comprend vite pourquoi. Ce n’est pas une route mais un chemin cabossé qui longe les montagnes. Heureusement la vue est superbe et nous occupe. De Riosucio, on prend un autre bus pour Salento, notre destination finale.

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