Arrivées à Salento, une petite ville perchée à près de 2000m d’altitude, on dépose vite nos affaires dans l’auberge et on file grimper les escaliers qui nous mènent à un point de vue sur la ville. Le soleil finit de se coucher et on admire le ciel orangé. On est samedi soir et il y a du monde et de l’ambiance à Salento. Chaque restaurant ou bar a de la musique live. On trouvera un petit spot pour manger un bout et boire un verre mais la journée de bus aura raison de nous et on ne traînera pas à aller au lit.


Dimanche, on prend le temps de déjeuner au soleil sur la place principale avant de prendre une jeep Willy, le taxi local, pour aller à la Finca Don Elias. C’est une petite plantation de café bio. Camilio sera notre guide privé et il nous fera bien rire. On écoute bien car il y a un test à la fin parait-il. Camilio nous montre donc les différentes variétés de plants de café qu’ils ont (Colombiano, Castillano, Tradicional et Tabi) avant de nous expliquer comment ils utilisent les bananiers comme source d’eau, pour donner de l’ombre et pour éloigner les insectes (ils vont vers le bananier et donc pas vers les plants de café). Il nous montre également les différents stades du plant de café, de la graine à l’arbre adulte. Et il nous expliquera enfin les étapes de récoltes, tri et torréfaction du café. On finit la visite par une dégustation de leur café. Selon Violaine il est très bon, pour moi ça goûte toujours aussi mauvais. On rend nos chapeaux et ponchos emprunté pour la visite et on attend une jeep sur la route pour rentrer à Salento. Pour info, on a toutes les deux réussi notre test.








En rentrant, on croise Jeanne (Canadienne rencontrée sur le bateau depuis le Panama, recroisée à Bucaramanga et à Medellin qui voyage à vélo depuis l’Alaska). On lui propose de venir luncher avec nous. Pour moi, ça sera un menu du jour avec une truite grillée, la spécialité de la région, mais que je ne trouve pas incroyable. On passe le reste de l’après midi avec Jeanne à passer d’un café à l’autre (ils sont tous très mignons), se balader dans la ville et admirer la vue sur les montagnes avoisinantes). On s’abritera d’une averse dans un café/bar avant de manger une lasagne une fois que la pluie s’est calmée.







Lundi matin, on a donné rendez-vous à Jeanne à 8h pour le petit déjeuner. On part ensuite en Willys pour la vallée de Cocora, le principal intérêt touristique de la région. Cette vallée est connue pour ses palmiers. On est loin de la plage et en altitude mais c’est ici qu’on peut trouver les palmiers de cire, les plus hauts au monde (environ 60m). Le paysage est magnifique, entre les palmiers qui se hissent vers le ciel et les montagnes qui les entourent, recouvertes de différents tons de vert. On part explorer tout cela via une randonnée d’une dizaine de kilomètres, très chouette qui grimpe mais qui nous donne accès à plein de points de vue. 3h plus tard, on est de retour au point de départ et on grimpe à l’arrière d’une jeep. Étant les dernières à monter, on doit se tenir debout sur la marche arrière de la jeep. On doit un peu s’accrocher dans les tournants mais on a la vue dégagée pour tout le trajet.



















À Salento, on déguste un autre menu del dia dans un petit restaurant où on nous proposera du chocolat belge. Jeanne rentre à son auberge l’après-midi tandis que Violaine et moi trouvons un autre petit café pour y passer la fin de journée. On fait ensuite les courses pour notre souper. Vio a repéré une fromagerie et on décide de se préparer un cheese and wine, avec Jeanne. On a droit à une dégustation à la fromagerie, ca fait longtemps que je n’avais pas mangé de vrai fromage, et puis on trouve un bon boulanger avant de s’acheter une bouteille de vin rouge du Chili. On se fait plaisir et on pense exploser notre budget mais au final on en a pour 7€ par personne tout compris et il nous reste du fromage, le bonheur.









Après ce bon repas, on va dans un bar où on peut jouer à un des sports les plus populaires de Colombie, le Tejo. C’est assez simple, on a des sortes de grosses pierres en main qu’on doit lancer sur une cible. La cible est un rond de métal dans de la boue. Il y a des pétards sur le rond en métal. On joue chacune à notre tour et on gagne des points à chaque manche en fonction de la position de notre pierre ou si un pétard à exploser. On rigole bien. Violaine gagne la partie. Après cette très chouette journée, on dit au revoir (pour de bon cette fois ci) à Jeanne et on va au lit.

Mardi c’est journée bus. On doit aller jusque Villavieja. On commence par un bus de Salento jusque Armenia (50min) d’où on prend un autre bus pour Aipe (5h normalement mais ça aura pris près de 7h). Quand on débarque à Aipe (au bord de la route parce qu’il n’y a pas de terminal), deux motos taxi arrivent en même temps, on se demande qui les a prévenu que deux touristes arrivaient. Mais ça nous arrangent, il est 17h45 et le dernier bateau qui traverse la rivière est à 18h. On grimpe chacune sur une moto et on file au ferry. Mon chauffeur, Salomon, fait papote, il m’explique que c’est la rivière Magdalena qu’on va traverser, une des plus grandes de Colombie et qu’elle se jette dans la mer à Baranquilla (sur la côte Nord). Bref, on arrive pile poil à temps au bateau qui nous dépose sur l’autre rive. On est à Villavieja et quelques minutes nous séparent de notre hôtel. Il faudra qu’on remercie le vendeur de ticket qui nous a conseillé de descendre à Aipe pour prendre un bateau car la plupart des sites et blogs indiquent qu’il faut aller jusque Neiva, encore 1h plus loin, et de la prendre un bus qui remonte jusque Villavieja. Sans lui, on serait arrivées deux heures plus tard, si encore il y avait eu un bus passé 19h.
On est donc à Villavieja, la ville la plus proche du désert de Tatacoa, un décor digne du far ouest américain. On va vite manger car on a seulement grignoté dans le bus et puis on retrouve Jakob (un autrichien qui était avec moi sur le bateau depuis le Panama) pour une bière.
Mercredi matin, on traîne dans nos lits. On partira pour le désert seulement l’après-midi et il n’y a pas vraiment d’autres choses à voir ici. On se renseigne sur le prix d’un tour en tuktuk qui nous dépose et nous attend au différent points d’intérêt mais c’est assez cher. On va luncher (menu du jour à 2€) et là un local nous demande si on veut aller dans le désert. Je pense qu’il le sait déjà, il n’y a pas beaucoup de touristes ici, c’est la seule chose à faire ici, ils doivent savoir exactement qui a déjà réservé son tour ou non. Bref, il nous dit que les tuktuks sont cher, que son ami peut nous emmener en moto pour moins cher (16€ au lieu de 24€ pour nous deux). On accepte, son ami va se changer et on va chercher nos affaires.
On part donc à trois sur la moto (comme les locaux). 30-40 minutes plus tard (qui sont passées en deux minutes tellement les paysages sont beaux), on arrive au désert gris. On fait un petit tour parmi ces formations dans tous les tons de gris. Il fait chaud malgré les nuages, on sent qu’on est dans un désert. Le chemin est boueux car il a plu la veille et nos pieds sont lourds à cause de la couche de boue qui s’accroche. On finit le tour par la piscine qui a été installée ici. Elle est très mal vue par les locaux car elle utilise beaucoup d’eau dans un désert où elle se fait rare.






On rebrousse chemin en moto jusqu’au désert rouge. On a une belle vue sur la plus belle partie du désert, les tons ocres sont magnifiques. Malheureusement vu qu’il a plu hier on ne peut pas descendre dans le labyrinthe rouge formé par la terre.











Mais un peu plus loin, il y a une autre entrée et on a l’occasion de faire un petit tour, de nouveau nos chaussures prennent cher surtout mes converses donc la semelle ne tient plus et j’ai donc de la boue qui rentre dans ma chaussure, ça sent la fin pour elles je pense.



De retour sur le haut du désert, on attend un peu que le soleil descende pour donner de belles couleurs et plus d’ombres. Ensuite on remonte sur la moto et on rentre à Villavieja où on fait un plouf dans la piscine. La route jusqu’à la ville est magnifique, on voit les montagnes au loin, avec des grandes plaines parsemées de cactus, et des vaches et chèvres qui se baladent.

Malheureusement pour nous, le ciel n’est pas dégagé, sinon on aurait été observer les étoiles, le désert disposant de plusieurs observatoires. A la place, on mangera dans un petit restaurant tout sympa. Le propriétaire nous dit que la Belgique est le pays de la frite quand on lui dit d’où on vient. Ses frites sont très bonnes donc on lui dit à la fin. Il nous explique qu’il est mis sur le paquet de frites qu’il achète qu’elles sont de Belgique. Je lui ai dit qu’il devait mettre dans son menu: papas belgas et non papas francesa.
Jeudi, on déjeune tôt puis on marche jusqu’à la rivière qu’on traverse en bateau. On attend Salomon et son ami de l’autre côté et ils nous ramènent à la grande route principale où on attend une dizaine de minutes un bus pour Bogota. Le trajet est long, notre bus tombe souvent en panne, on passe dans un autre mais on finit par arriver à bon port en fin d’après midi. On a super faim et on file manger un bout. Sur le chemin du retour, on s’arrête pour faire nos ongles. Le soir, on boit un verre en jouant à un Uno géant avec d’autres voyageurs de notre auberge.


Vendredi matin, on brunch et on se balade avant d’aller au Montserrat, une montagne qui surplombe Bogota. Il est possible de monter à pied (500m de dénivelé à plus de 2600m d’altitude…) Ou de monter en funiculaire ou en téléphérique. On décide d’utiliser le dernier mais la file est très longue et on nous annonce plus d’une heure d’attente. On craque le fast pass pour passer devant tout le monde. En haut, la vue est impressionnante, on est à 3152m d’altitude, et la ville de Bogota s’étend à l’infini. C’est gigantesque. On repère le quartier de la Candelaria, le centre historique où on dort. Lorsqu’on a finit de contempler la vue, on redescend.










On passera le reste de l’après-midi à faire un peu de shopping (j’ai besoin de nouvelles converses) et je me trouve également un coiffeur (elle m’a coupé les cheveux à sec en quelques minutes pour 3€). On finira notre journée par des hamburgers (pour changer) et un verre au bar de notre auberge.

C’est ma dernière soirée en Colombie et même du voyage. À l’heure ou j’écris ces mots, je suis dans l’avion, d’abord pour Punta Cana en République Dominicaine, où je vais passer la journée (à la plage au soleil) avant de prendre un vol pour Bruxelles ce soir. Presque personne ne sait que je rentre, j’ai hâte de faire la surprise.




J’ai encore assez de temps et d’argent pour continuer à voyager mais je me sens fatiguée. Passer d’auberges en auberges, bouger constamment, rencontrer de nouvelles personnes continuellement me plait mais j’ai besoin d’un break. Je sens aussi que je me lasse, tout est beau mais je n’apprécie pas les paysages que je vois à leur juste valeur. De plus, c’est le début de la saison des pluies en Colombie et en Équateur, je préfère revenir à la bonne saison avec d’autres vêtements. J’ai composé mon sac pour les nombreuses plages d’Amérique Centrale mais je n’ai rien pour le froid et l’altitude. Hors la Colombie et l’Equateur regorgent de treks dans les montagnes. Je préfère revenir équipée et motivée dans quelques mois.
Bref, j’ai adoré ces six derniers mois, j’ai hâte de découvrir la suite de l’Amérique latine mais d’abord j’ai besoin de bonnes frites belges.