Première semaine en solo

Lauranne partie, je traîne au lit avant d’aller chercher un petit dej dans la rue (une baleada bien sûr). Je fais ensuite mon sac et prend un taxi pour la station de bus. C’est le premier chicken bus du voyage (ancien school bus des US). Je suis dedans 30 minutes à l’avance. Toutes les deux trois minutes, des vendeurs de toutes sortes montent: chargeurs, popcorn, vitamines, pizza, chewing-gum,.. A cela s’ajoutent des mendiants, des malvoyants, un vendeur de médicaments naturels qui nous fait toute une présentation (plus de 15 minutes quand même). Prendre un chicken bus, c’est tout une expérience ! Une quarantaine de minutes plus tard, j’indique au chauffeur que je souhaite descendre, il me dépose devant le Jungle River Lodge, ma destination.

Cette auberge, tenue par une canadienne se trouve dans le parc Pico Bonito au bord du Rio Cangregal. Ici on peut marcher dans le parc (il s’agit principalement de montagnes recouvertes par la jungle) et faire du rafting. Le seul problème c’est que je n’ai pas retiré assez de cash et qu’il n’est pas possible de payer par carte. Je décide dans un premier temps de manger un bout, en attendant que la pluie passe et l’après midi je pars randonner jusqu’à une cascade. Le tour prend 3h, cela monte fortement au début, on est en plein milieu de la jungle, l’humidité est maximale, je suis en nage en quelques minutes. Je passe une première cascade et après 1h30, j’arrive à la cascade finale, qui fait 60m de haut. De la, je vois La Ceiba, la mer et l’île d’Utila. Je redescend ensuite et rentre à l’auberge. Je me baigne dans la rivière pour me rafraîchir. Le soir, je mange avec d’autres voyageurs. La plupart vont au lac de Yojoa, ma prochaine destination également. J’hésite à faire le rafting mais je me rend compte que si je veux le faire, je dois retourner à la Ceiba pour retirer de l’argent. Je décide de ne rester qu’une nuit au lieu de deux. De plus je ne suis pas fan des auberges où on peut seulement manger sur place (pas d’autres restaurants aux alentours, pas de cuisine et interdiction de établissement), les propriétaires peuvent imposer leur prix.

Je me lève tôt le lendemain matin du coup pour prendre le (chicken) bus de 8h du matin pour La Ceiba. Ensuite un taxi me dépose à l’endroit où je peux prendre un bus pour San Pedro Sula, une des plus grosses villes du Honduras, qui n’a pas très bonne réputation mais où l’on passe inévitablement en bus. J’ai de la chance j’attends seulement 15 minutes avant que le bus arrive. 4 longues heures plus tard (dans un bus où tout est écrit en chinois) , j’arrive à San Pedro dans une énorme station de bus, plus grande que certains aéroports. En quelques minutes je repère la compagnie qui va jusqu’au lac. Le vendeur m’annonce que le bus part à 14h, j’ai juste le temps d’aller aux toilettes. Dommage, j’ai faim et le burger king me faisait de l’œil…

2h de chicken bus plus tard, j’arrive enfin à destination: le lac de Yojoa, un énorme lac près duquel un couple a installé un lodge et une petite brasserie. C’est eux qui ont développé le tourisme dans la région et ils ont bien fait car il y a beaucoup à faire. Los naranjos, le petit village où le lodge se situe est entre les montagnes, il y fait un peu plus frais le soir et c’est fort plaisant. Le lodge est très sympa, tout est propre, bien pensé et très mignon. Je sens que je vais m’y plaire. Dans mon dortoir je rencontre une indienne vivant aux États-Unis. On discute un peu et on décide de partir manger ensemble, on m’a conseillé un petit resto bon et vraiment pas cher. En effet, ma baleada est délicieuse et ne coûte que 1€. En revenant au lodge, je goûte une des bières du lodge, au bord du feu. On sympathise avec un canadien, un suisse et je retrouve un couple de belges (flamands) rencontrés au Jungle River Lodge.

Le lendemain, Mia (l’indienne) et moi prenons le bus pour les cascades de Pulhanpazak (après une baleada pour le déjeuner bien sûr). Le bus nous dépose et nous continuons à pied. Les chutes font 43m de haut, on peut s’approcher mais on finit trempées. On se baigne ensuite dans la rivière. Pour rentrer on peut prendre le bus mais celui-ci se fait attendre. Vu le nombre de pick up qui passe, on décide de faire du stop (sorry maman). Le premier pick up s’arrête directement et nous amène jusque Peña Blanca où on s’arrête car je dois retirer du cash. On refait du stop pour rentrer jusque Los Naranjos. De nouveau, le premier pick up s’arrête. De retour au lac, on fait le tour du parc écologique de los Naranjos. On longe en partie le lac et on visite le musée qui abrite quelques vestiges des ruines trouvées dans la région. Une fois à l’auberge et après une bonne douche (à ciel ouvert), on mange sur place (un hamburger, il était temps de faire une pause baleadas). En tout on est 6 belges à manger là, le monde est petit (je suis la seule francophone).

Samedi matin, je pars avec Floor et Thomas (le couple rencontré plus tôt) et Romy (une anversoise arrivée la veille) pour le parc national cerro azul, de l’autre côté du lac. On déjeune, toujours au même endroit, et puis on fait du stop jusque Peña Blanca, c’est vraiment facile, les pick up s’arrêtent directement. De la, on prend un autre pick up jusque La Guama où on négocie le tuktuk pour aller jusqu’au Panamaca lodge d’où différents trails partent. Il y en a deux tout petits et un beaucoup plus grand (7km mais cela ne fait que monter jusqu’ au sommet de la montagne). Après une petite heure, je me sens épuisée, on a pas encore fait la moitié de la montée et les autres vont plus vite que moi. Je décide de redescendre et d’aller directement à la cascade. Il fait humide (c’est la jungle) et je préfère passer une bonne journée plutôt que me forcer à monter. Avant la cascade, je vais admirer la vue depuis un mirador sur le lac et puis je continue vers une petite cascade. L’eau est fraîche, ça fait du bien mais je ne reste pas trop longtemps dedans. On est le week-end, il y a plusieurs honduriens qui se baignent tout habillés. Les maillots ne sont pas courants ici.

Je patiente un peu, les autres finissent par arriver, ils ont été rapides. On retourne au lodge et on attend un tuktuk pour aller jusqu’à la route principale où on fait du stop pour rentrer à Los naranjos. Une baleada plus tard, on se repose à l’auberge.

Dimanche, après le petit déjeuner (baleada bien sûr) Romy et moi louons un kayak pour aller sur le lac. En tout on fait un tour de 3h mais le lac est si grand qu’on ne voit qu’une infime partie. Entouré par les montagnes, il a des airs du lac de Côme. L’après-midi, je planifie la suite du voyage. Je souhaite aller au Salvador mais il n’est pas évident de trouver des informations sur les bus. Initialement, je pensais retourner à San Pedro Sula, y passer la nuit et prendre un bus direct mais cher vers San Salvador le lendemain matin. Mais je n’ai pas envie de passer la nuit à San Pedro Sula. Les auberges sont chères et cette ville est une des plus dangereuses au monde. Y passer la nuit est faisable en ne prenant que taxi et sans sortir une fois la nuit tombée. Bref pas idéal. Lundi matin, je cogite un peu plus et je trouve un article d’un voyageur qui a tout fait en chicken bus depuis Santa Rosa de Copan, une ville à 3h de la frontière. Je décide de tenter ma chance le lendemain.

En attendant, je vais visiter, avec Romy, le bioparque paradise, une sorte de réserve tout près du lodge D&D où je suis. On y trouve toutes sortes de plantes et d’arbres mais surtout beaucoup plus de moustiques. On fait assez vite le tour, c’est sympa mais on a vu mieux. Le soir je mange au lodge (il pleut) en compagnie de Romy, une anglaise et deux australiens.

Mardi matin, je me lève tôt, fais mon sac et je marche jusque la route principale où j’attends une quinzaine de minutes pour le bus vers San Pedro Sula. 2h plus tard, j’ai à peine le temps de prendre mon billet et de filer aux toilettes que mon bus pour Ocotepeque, à la frontière, part déjà. J’ai droit à la place tout devant, au milieu (le siège le moins confo). Le chauffeur roule vite, j’évite de regarder la route pour ne pas trop stresser. Le chauffeur m’a dit que ça allait prendre 7h (ppur 250km) mais on a fait plus de 2/3 après 3h30 donc j’espère arriver plus tôt que prévu. Mais alors que le chauffeur roulait à fond de balles jusque là, tout d’un coup il est très lent et un peu plus tard on s’arrête. Il y a un souci avec le moteur et il faut changer une pièce. 30 minutes plus tard, on redémarre enfin. J’arrive donc finalement vers 16h30 à Ocotepeque. Les locaux m’informent que le dernier bus pour la frontière est déjà parti. Je me mets à la recherche d’un hôtel. Les deux premiers sont pleins, le troisième a de la place, ouf. Je pose mes affaires, et je vais enfin manger un bout après cette longue journée. Le soir je suis claquée et vais dormir tôt, une autre journée de bus m’attend le lendemain.

Je suis réveillée tôt, un coq hurle depuis 5h30 du matin. Je somnole au lit et vers 6h30, je m’active. Le petit déjeuner est compris dans le prix de la chambre et j’en profite, enfin un peu, le déjeuner typique hondurien n’est pas trop à mon goût. Je descend ensuite la rue pour attendre le bus mais 40 minutes plus tard il n’est toujours pas passé et je décide de prendre un taxi. J’arrive enfin à la frontière que je passe sans trop de mal avant de prendre le bus suivant pour la capitale San Salvador. Un peu plus de 3h (pour 1,70$ c’est encore moins cher que le Honduras) plus tard, je prends un petit bus pour me rendre dans un autre terminal (5km en 1h) d’où je prends encore un autre bus vers Santa Ana, ma destination finale. Cette fois ci, je mange un sandwich pour éviter de mourir de faim en chemin.

3 réflexions sur « Première semaine en solo »

  1. Avatar de Annick Lenoir

    Louise, Tu avales des bornes mais’ pas que ça! On déguste les spécialités avec toi. Les paysages sont grandioses, tes photos aussi. En ce début d’hiver, tu nous procure notre dose de vitamine D. Reste prudente, ouvre grand tes mirettes. Je suis pleine d’admiration pour les » aventures de Louise en Amérique du Sud ». Bises de Duret

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    1. Avatar de louenvadrouille

      Merci Annick ! Contente que ça te plaise ! Vivement que je raconte mes aventures à Duret aussi ! 😊

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  2. Avatar de Annick Lenoir

    Amérique centrale

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