Deux semaines dans le Nord de la Colombie.

On quitte le bateau à 4 avec Jeanne du Canada et Inès, française et on dépose nos affaires dans l’auberge. On a le mal de terre, on est pas en grande forme. Notre auberge est située dans le quartier Getsamini, anciennement dangereux, rempli de drogues et de prostituées mais aujourd’hui c’est un quartier safe, connu pour son street art et ses artistes. On en fait vite le tour avant de marcher jusqu’au quartier historique de Cartagena. C’est touristique mais c’est magnifique. Les façades colorées, les balcons fleuris, les palenques (femmes habillés traditionnellement qui vendent des fruits mais posent surtout pour les photos) nous en mettent plein les yeux. On goûte à nos premières arepas en Colombie (mais on trouvera meilleur plus tard). On marche jusqu’aux remparts de la ville et puis on s’offre une glace pour trois fois rien (alors que l’endroit semble bien luxe). De retour à l’auberge pour le check in, on passe le reste de l’aprem au frais dans la piscine (il fait beau mais qu’est-ce qu’il fait chaud!).

Vers 19h30, on a rendez-vous avec toute la team du bateau pour boire un verre ensemble. Le quartier est animé, la fête est dans la rue. On s’amuse tellement bien avec Thib qu’on décide de rester une nuit de plus.

Samedi, on fait plusieurs aller retour dans le centre historique. Une fois pour trouver des souvenirs, un autre pour retirer de l’argent, une autre fois parce que Thibault veut une glace etc. À presque chaque fois, on passe par le parc Centenario où on peut voir des paresseux, des singes écureuils ( ou titi), des iguanes etc. C’est presque un retour au Costa Rica. Le soir, on retrouve encore notre groupe du bateau pour quelques verres.

Dimanche on quitte déjà Cartagena. C’est une superbe ville (enfin la vieille partie) mais à part flâner, il n’y a pas grand chose à faire. Il y a bien des îles ou plages à visiter en excursion mais les échos qu’on a eu ne sont pas très bons (très touristiques et pas si beau), surtout qu’on vient des îles San Blas. On prend donc un bus vers Santa Marta et puis on partage un taxi avec des américains pour Minca, une petite ville touristique à l’entrée de la Sierra Nevada, la chaîne de montagne côtière la plus haute au monde.

On fait un petit tour dans la ville avant de profiter de la piscine de notre auberge. Notre dortoir est très aéré, on dort sous une moustiquaire ce soir, mais c’est très confo. Pour le coucher du soleil, on se rend avec tout un autre groupe dans une autre auberge. On a une belle vue (après une bonne grimpette) et le coucher du soleil est magnifique. Le monde est petit, je retombe sur une fille rencontrée il y près de deux mois, en arrivant au Nicaragua. Le soir, on se couche tôt, il n’y a pas grand chose à faire ici.

Dimanche matin, on déjeune et puis on marche une bonne heure et demi jusqu’à les cascades de Marinka en passant par celles de oido del mundo. De base, on souhaitait continuer jusqu’à un autre point de vue mais je ne me suis pas réveillée en forme et je préfère éviter.

On rentre donc à l’auberge, on se pose à la piscine avec un sandwich avocat et en milieu d’après-midi, on prend le bus pour Santa Marta. Thibault a un avion qui part le lendemain soir de cette ville.

Si le centre a quelques rues mignonnes, c’est clairement pas aussi beau que Cartagena mais la petite balade est sympa. On regarde le coucher du soleil depuis le malecon avant de manger des tacos.

Mardi, dernier jour de Thibault. On visite le marché le matin et l’après-midi on prend un taxi pour la plage de Rodadero. Mais c’est très touristique, on ne reste pas très longtemps. Thibault profite des derniers instants de soleil à la piscine et puis je le mets dans un taxi pour l’aéroport. Le soir je fais des courses, cuisine des pâtes et vais dormir tôt.

Mercredi, c’est une journée calme. Je me renseigne et essaye d’établir mes prochaines semaines. Violaine/Kowari, une de mes anciennes guides, me rejoint début avril à Santa Marta et donc je regarde ce que je peux faite sans elle. J’aimerais bien aller dans le désert dans les prochains jours, au nord est de la Colombie mais il faut passer par un tour. Au bord de la piscine, je tombe sur 4 français (3 du Sud et 1 breton) qui ont les mêmes plans et du coup on book un tour ensemble pour le surlendemain. Je passe le reste de l’aprem avec eux, à voir un match de foot et le coucher du soleil. Je recroise aussi sur Dominik, un allemand rencontré sur le bateau avec qui je fais papote un bout de temps. Le soir je mange avec les français.

Jeudi en début d’après-midi, on part pour Riohacha d’où démarre notre tour. C’est une petite ville au bord de la mer, où les touristes passent seulement pour aller dans le désert. On a juste le temps de voir le coucher du soleil et de faire quelques courses pour les prochains jours.

Vendredi, à 7h30, Marcello, notre guide/chauffeur vient nous chercher en jeep. On est parti pour quelques heures de route, direction la région de la Guajira. Connue pour son désert, la Guajira occupe tout le nord est de la Colombie jusqu’au Venezuela. C’est une région peu touristique car difficile d’accès mais aussi très pauvre. Il est recommandé d’y aller avec un tour car les routes sont très mauvaises, enfin à la fin on roule dans les dunes de sable donc il n’y a même plus de route. Mais il y a aussi beaucoup de « péages » sur le chemin. La population locale n’ayant pas de moyen, et n’étant pas aidée par le gouvernement, a instauré des blocages sur la route. Certains sont plus imposants et pour passer il faut payer ou donner à manger (café, eau, biscuits, tout est bon). Certains sont plus improvisés: un bout de corde accroché à un arbre et un enfant qui la tient à l’autre bout. On s’arrête la plupart du temps mais parfois notre guide force le passage, l’enfant n’ayant d’autre choix que de lâcher la corde pour ne pas se faire emporter. C’est triste et c’est un spectacle dur à voir (mais les barrages s’enchaînent parfois tout les 10m et on ne sait pas donner à tous).

On mange à midi au bord de la mer et puis on roule encore un peu jusqu’à une autre plage. La, Peter vient nous chercher en bateau et nous emmène au milieu de la baie sur une ile. On monte jusqu’au mirador pour la vue. Pour observer une sauterelle géante, je m’aventure dans les cactus et je finis avec mes slashs remplie de picos. J’en enlèverai encore deux jours plus tard tellement ils sont bien enfoncés.

On arrive au coucher du soleil à notre résidence pour les deux prochaines nuits. C’est la famille d’Emilio, le doyen qui nous accueille chez eux. On est directement mis dans le bain, notre première mission est de rassembler les chèvres pour la nuit. Une fois chose faite, on se douche (au seau) et on aide à préparer le souper. Un autres groupe de touriste arrive et la famille nous donne des vêtements traditionnels avant de nous maquiller pour les filles. On se rassemble autour du feu et Neolia (maman d’un petit bout de deux mois, à 17 ans) nous explique la culture locale.

Nous sommes chez les Wayuu. Ici ils croient que la Terre est leur mère et la pluie est leur père. Les deux combinés donnent la vie. Elle nous explique les différents vêtements et que chez eux ils se réjouissent quand une fille nait. En effet, la femme a plus de valeur que l’homme. Elle transmet son nom de famille et les tâches dont elle est responsable sont les plus importantes. C’est pour cela que le prix de la femme pour un mariage est très élevé. Elle nous explique aussi qu’avant, lorsqu’une enfant atteignait la puberté, ils l’enfermaient dans une pièce pendant 4 à 5 ans. Seul sa mère ou sa grand mère lui rendait visite, elle était soumise à un régime strict et devait faire des sacs et des hamacs. À la fin, elle était plongée dans la mer (à 3h du matin, quand il fait froid) pour laver son esprit et qu’elle soit prête à devenir une femme. Aujourd’hui, ils respectent encore cette tradition mais la fille n’est enfermée qu’une semaine ou un mois (si elle va à l’école ou non). Neolia fini ses explications en nous montrant la danse traditionnelle et on est tous invité à essayer avant de passer au souper. Plus tard dans la soirée, je profiterais de l’absence de lumière pour faire des photos d’étoiles. On passe le reste de la soirée à déguster l’alcool local, après tout c’est l’anniversaire de Pierre, le Breton et il faut bien fêter ça.

Samedi matin, on se réveille tôt car on doit aller donner de l’eau du puit au chèvre (et aussi parce que le coq chante très fort). La famille a 60-70 chèvres et elles ont à boire une fois par jour. Après on apprend à faire des arepas, les tortillas de maïs. On les mange au déjeuner avec des œufs.

On part ensuite avec Marcello et Peter pour les dunes de Taroa. Après un premier point de vue sur la baie, on y arrive. Ce sont de grandes dunes de sables qui longent la mer. Le paysage est superbe, on en prend plein les yeux. On se baigne avant de rentrer chez Emilio, en passant par la Punta Gallina qui est le point le plus au nord de l’Amérique du Sud.

Après une sieste (enfin on joue plus avec les enfants), on part pour le coucher du soleil à une autre plage. Le soir, on joue aux cartes ensemble et je refais des photos d’étoiles.

Dimanche matin, après le déjeuner, on dit au revoir à toute la famille avant de reprendre la route, on retourne à riohacha. Après une heure de route mouvementée (ai je déjà mentionné qu’on est secoué dans tout les sens à chaque fois qu’on prend la roue/piste/sable etc?), on entend un boum, la voiture s’arrête et on voit une de nos roues partir au loin… On est dans le désert, c’est parfait. La voiture est bien cassée et c’est totalement impossible de continuer. Heureusement des jeeps s’arrêtent assez vite pour voir ce qu’il se passe et on trouve cinq places dans une autre (enfin on finit à 10 à l’arrière, comme des sardines) pour rentrer. Marcello reste là, il va devoir trouver un moyen d’amener la pièce et de faire les réparations directement sur place car il aucun dépanneur ne sait venir jusque là.

Plus de 6h plus tard, bien serrés et au chaud dans la jeep, on arrive à Riohacha. On récupère nos sacs, et on prend vite un autres bus pour Palomino, une petite ville au bord de la plage, entre Santa Marta et Riohacha. En chemin pour l’auberge, on s’arrête chez Fred, un français installé à Palomino et les garçons commandent des Ricards. Ca plus leur accent du Sud, j’ai l’impression d’avoir quitté la Colombie pour la France. La soirée se finira sur la plage.

Palomino c’est tout petit et il n’y a pas grand chose à faire mais un peu de farniente c’est toujours agréable. Je passe les trois prochains jours à lire au bord de la piscine ou sur la plage avec les garçons et à faire la fête avec eux le soir. On rencontre d’autres français et même deux belges qui font du volontariat là. L’ambiance est bonne mais jeudi matin, alors qu’on devait tous partir pour Cartagena, les garçons décident de rester encore une nuit sur place. Moi j’en ai un peu marre et j’ai envie de bouger. Je prends donc un bus pour Santa Marta où est déjà Pierre (parti plus tôt de Palomino). Je profite du calme pour faire des courses, planifier mes prochains jours et mettre mon linge à laver. Je fais un pesto maison pour mes pâtes le soir, c’est délicieux.

Le lendemain, après une bonne nuit de sommeil et un bon petit dej, je prends le bus pour Cartagena avec Pierre. On arrive en début de soirée à l’auberge et en repartant pour aller chercher à manger, je vois quelqu’un dans l’entrée que je reconnais mais ça me parait impossible que ce soit lui. Pourtant c’est bien Cédric, un ami des scouts, qui termine son voyage par la Colombie. Le monde est vraiment petit. On passera la soirée ensemble ainsi qu’avec le reste des français qui est arrivé. Samedi on se balade dans la ville, et dimanche je dis au revoir à Cédric ainsi qu’aux garçons avec qui j’aurai passé une douzaine de jours au final. Je prends la direction du terminal de bus, où m’attend un bus de nuit.

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