13h de bus plus tard, j’arrive à Bucaramanga, grosse ville entourée de montagne dans l’état de Santander, au nord de Bogota. Je patiente un peu à la gare des bus car il est encore très tôt et puis je prends un taxi pour l’auberge de Jeanne, une canadienne rencontrée sur le bateau. Il se trouve qu’elle fait un roadtrip avec 3 autres personnes (dont j’ai déjà rencontré deux au Nicaragua). La magie d’insta a fait que je me suis rendu compte dans le bus qu’ils étaient dans le même coin. Quelques messages à Jeanne et tout est organisé. Elle repart aujourd’hui pour Carthagène mais je peux me joindre au reste de l’équipe. J’attends donc dans leur auberge qu’ils se réveillent tous et en fin de matinée, on prend la route. On a récupéré un suisse au passage qui va dans la même direction que nous: San Gil.
Sur le chemin, on passe par le canyon de Chicamocha. D’abord on longe la rivière et puis on grimpe sur les hauteurs. On fera plusieurs arrêts pour photographier ce paysage magnifique. Le canyon est le deuxième plus grand au monde (mais j’ai déjà entendu ça pour plusieurs canyons…), avec une profondeur de plus de 2000m. Il y a un parc d’où l’on peut voir les plus belles vues et prendre un téléphérique qui descend dans le canyon et remonte mais malheureusement le parc est fermé les lundi et mardis. Pas grave, on en prend déjà plein les yeux comme ça.






On continue notre route vers Curiti, petite ville toute mignonne. On se balade dans les rues et on trouve un endroit où manger. La ville est très calme et la plupart des endroits sont fermés. La plupart des touristes viennent le weekend et il n’y a donc pas beaucoup d’intérêt à ouvrir la semaine.



Après notre petite balade, on continue la route jusque San Gil. C’est une ville de taille moyenne dans une vallée. Ici c’est le paradis des sports extrêmes à petit prix. Rafting, parapente, saut à l’élastique, rappel, tout est possible. J’hésite à faire du parapente mais quelqu’un me dit qu’il y a beaucoup de vent et que ça secoue bien, je passe mon tour du coup.
Avec Claudio et Julien (un belge), on part explorer la ville et on monte jusqu’à un point de vue. Au loin on voit des éclairs et on ne tarde pas trop à rentrer à l’auberge. On passe la soirée avec le suisse et un espagnol. Je ne tarde pas à aller au lit, je n’ai pas beaucoup dormi la veille dans le bus.




Mardi matin, on part avec Claudio pour la ville de Barichara. C’est moi qui conduit car c’est une manuel et Claudio (canadien) a oublié comment ça fonctionne. Les rues de San Gil sont escarpées et étroites, ce n’est pas une partie de plaisir. Mais on sort vite de la ville et on monte sur les hauteurs. La vue est magnifique, on a tout le temps envie de s’arrêter. On arrive donc à Barichara une quarantaine de minutes plus tard. La ville est superbe. Toutes les maisons sont blanches avec les portes et les fenêtres colorées. Le tout est très fleuri et soigné. On marche jusqu’à un point de vue qui donne sur le canyon de Suárez. Waw c’est beau.














On reprend la route vers Guane, une toute petite ville avec une autre belle vue sur le canyon.






Sur le chemin du retour, on cherche un restaurant avec une belle vue pour le lunch. Ce n’est pas aisé, ils mettent les tables du côté de la route et non du côté vue. On finit par trouver un resto à l’entrée de San Gil. On est satisfait, le panorama est pas mal. On repasse ensuite à l’auberge, chercher Romaine qui n’était pas en forme le matin mais se joint à nous pour la prochaine activité.


Direction la cascade de Juan Curi, au sud de San Gil. C’est une cascade de 180m de haut qui s’étale sur plusieurs parties. On grimpe le long, mes converses deviennent des chaussures d’eau par dépit. On arrive à une des plus grosses chutes où on nage. C’est froid et la puissance de l’eau est impressionnante, j’ai du mal à respirer. Notre guide nous emmène ensuite au dessus de cette chute pour voir la dernière partie. Le spectacle est encore plus beau. On ne veut pas partir. Mais c’est déjà la fin de la journée, il faut qu’on redescende.






De retour à San Gil, on va chercher à manger avant de se coucher tôt, la journée fut bien remplie. Le lendemain matin, les autres se lèvent tôt car une longue route les attend. Ils vont rouler jusqu’à El Cocuy, un village dans les montagnes d’où il est possible de randonner. Je préfère continuer vers d’autres destinations et je ne me joins donc pas à eux. Dommage, mais je les retrouverai sûrement plus tard. Je décide de prendre un bus pour Oiba et puis Guadalupe. Mon voisin fait papote en espagnol, mais il doit lui manquer des dents, je ne comprends pas grand chose. Mais il est gentil et m’indique mon prochain bus (enfin c’est un pick up avec des sièges à l’arrière). J’arrive en début d’après-midi à Guadalupe, une petite ville toute mignonne.




Après avoir déposé mes affaires dans ma chambre (à 5,4€ la nuit), je chausse mes bottines (mes converses auraient fait l’affaire mais elles sont encore trempées) et je marche 40 minutes jusque Las Ganchas. Il s’agit d’une rivière qui est parsemée de trous. Il y en a plus de 200 et ils font 2 à 3m de profondeur. Il y a quasi personne, je peux choisir n’importe quelle petite piscine. Je fais trempette avec mes chaussettes car la pierre est très très glissante et puis je repars par le même chemin jusque Guadalupe. Je croise 3 français qui étaient dans la même auberge à San Gil (dont un déjà rencontré à Palomino) et je prend leur numéro pour les retrouver pour le souper. Le choix est limité d’ailleurs, il n’y a que deux restaurants ouverts. Je commande un burger (ce n’est que le quatrième en cinq jour) et je me dit qu’il est vraiment temps que je me fasse une grosse salade.






Jeudi matin, je me lève tôt pour quitter la ville mais le bus/pick up ne part qu’à 10h. J’en profite pour observer les locaux sur la place principale. Tout les hommes sont en jeans, chemises à carreaux, bottes et chapeaux de cowboy, ça donne une certaine ambiance. Les français prennent le même bus que moi. On enchaîne avec un autre bus qui prend 4h pour faire 130km avant de prendre un dernier bis pour Villa de Leyva. On arrive en fin d’après-midi, vers 17h et la pluie nous accueille. Je marche vite jusqu’à mon auberge en espérant échapper à la drache et j’y arrive (presque). Une fois la pluie passée, je pars faire des courses, il est temps que je mange sainement. Je pense que ce sont les courses les moins chères que j’ai pu faire jusqu’ici. Pour 3 poivrons, 1 petit oignon, une courgette, 3 petits avocats, une mangue et deux tomates, j’en ai pour 2€. Le rêve.





Vendredi matin, je me balade dans la ville. C’est une des mieux conservées de Colombie. Toutes les maisons sont blanches avec des balcons en bois, les rues sont pavées et la place est la plus grande de Colombie et une des plus grandes de toute l’Amérique du Sud. C’est aussi une ville au passé historique riche, certains grands personnages Colombiens y ont habité. La vue sur les montagnes environnantes rend le tout encore plus charmants. Bref c’est un plaisir de s’y balader même si la visite est courte car c’est une très petite ville.









Je rentre donc à l’auberge, prépare un pique nique avec mes restes et c’est reparti pour trois bus jusque Mongui. Heureusement les bus s’enchaînent, il est rare que j’attende entre deux. 4-5h plus tard j’arrive donc à Mongui, une autre petite ville dans les montagnes mais plus haute cette fois ci (2900m). Ici les façades sont aussi blanches mais les portes et balcons sont verts et rouges avec parfois des motifs dorés. Les locaux s’habillent encore assez traditionnellement avec un poncho. Je me balade dans la ville et fais quelques courses pour mon souper. Il y a beaucoup de petits magasins qui vendent des ballons de foot et d’autres sport. Mongui est en effet réputée pour la fabrication de ballons, étonnant !












Mongui est connu pour être le point de départ de randonnées qui vont jusqu’au Paramo. Le paramo c’est un paysage très particulier qui ne se trouve que dans quelques régions du monde et ici c’est un des plus beaux. Il s’agit de gros cactus (Frailejones) qui peuvent atteindre plusieurs mètres de haut. Si l’accès depuis Mongui était impossible jusqu’à récemment (il y a des soucis entre les propriétaires des terres pour y accéder et les offices du tourisme), il était possible d’y accéder depuis une autre ville. Mais le jour où j’arrive, l’accès est de nouveau possible mais avec guide et il faut s’enregistrer la veille auprès de l’Office du tourisme. Le trek me tente bien mais ça fait longtemps que je n’ai pas marché en altitude (ça monte jusqu’à près de 4000m) et à part un polar et un jeans, je n’ai rien de chaud. Je préfère passer mon tour cette fois-ci et revenir mieux équipée au prochain voyage.
Donc samedi, je marche une bonne heure vers une petite chapelle à 3200m. La vue sur la vallée est magnifique et je reste une heure en haut à apprécier la vue mais aussi essayer de prévoir la semaine qui arrive. C’est le début de la semaine sainte et cela signifie que tout les Colombiens partent en vacances, que les prix augmentent et que tout est full. Le bonheur des backpacker… Et en plus, vu qu’on se rejoint à Santa Marta avec Violaine, on est dans la région la plus touristique. Bref je réserve une ou deux auberges pour être sûr d’avoir quelques choses. Un peu plus tard, je redescends, achète quelques fruits et une arepa locale pour mon lunch.












L’après-midi je fais papote avec deux françaises et Quentin, le propriétaire de l’auberge qu’il ouvert avec Diana, sa copine colombienne. On me propose de me joindre au repas commun mais j’ai des restes de la veille. Je pars quand même avec les filles pour faire les courses (dans plusieurs petits magasins, car ils n’ont pas tous le même choix) et j’aide à cuisiner. Au menu: patates (du style grenailles), longiza (un mix entre une merguez et une chipolata), guacamole et pico de gallo avec du vin chilien. En dessert, c’est un gâteau au trois laits (avec de la gélatine, des biscuits et des pêches). On me fait goûter à tout et je ne sais plus bouger de ma chaise tellement j’ai mangé. Mais très chouette soirée avec toute l’auberge !
Dimanche, je prends un bus pour Sogamoso et puis un autre de 4h jusque Bogota. Il y a un garçon à côté de moi qui me pose beaucoup de questions (ils sont où tes parents, t’as acheté où ton livre, pourquoi tu laisses tes chips dans ton sac, pourquoi, pourquoi, pourquoi?), heureusement il finit par s’endormir. J’arrive donc en milieu d’après midi à Bogota, une demi-heure de taxi plus tard je suis à mon auberge. Je pars vite explorer le quartier, non sans tomber sur deux belges rencontrés il ya près de 4 mois au Salvador. Les retrouvailles sont de courte durée, ils s’en vont en Bolivie. Bref, je visite La Candelaria, le centre historique (et touristique) de la capitale. Je passe par les rues colorées et je marche jusqu’à la place Bolivar. C’est noir de monde, on est dimanche après, lors de la semaine sainte. Je ne traîne pas trop, fais quelques courses pour le souper et retourne à l’auberge. Après avoir cuisiné, j’ai bien envie de sociabiliser mais j’ai froid. Bogota est à plus de 2600m et le froid est bien là. Mes deux pulls et mon jeans ont du mal à me réchauffer donc je me réfugie sous ma couette. Certains sont en t-shirt dans l’auberge, je ne sais pas comment ils font.








Lundi, je range mes affaires, amène mon linge à laver, et lis le matin (j’ai enfin trouvé un autre livre) avant de prendre un taxi jusqu’à un centre commercial. J’ai oublié mon essuie (prêté par Thibault après que j’ai perdu le mien au Panama…) à Santa Marta et ca fait une dizaine de jour que je me sèche seulement avec mon petit essuie pour les cheveux, faisable mais pas pratique. Bref je profite de la présence d’un decathlon pour en racheter un. Je me rachète également un short, je flotte dans l’un et l’autre est plein de trou. De retour à l’auberge, je finis mon sac et mange mes restes. Je me couche tôt et essaie de dormir un peu avant d’aller à l’aéroport. Mon avion est à 5h30 et je me lève à 3h. Direction Santa Marta, retour au chaud dans le Nord. L’avion de Violaine a du retard et je l’attends avec un livre.
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