Namibie, quand les rhinos volent la vedette

Il est temps de quitter Cape Town… mais on ne rentre pas tout de suite en Belgique. Non non. Le vendredi soir, on embarque pour la Namibie. Et pour marquer le coup, on assiste depuis l’avion à un magnifique coucher de soleil sur le Cap. Une belle façon de dire au revoir à l’Afrique du Sud.

Arrivés à Windhoek, on règle les formalités (visa, e-sim) et une navette nous dépose dans un lodge pour la nuit. Sauf que Lauranne n’a pas booké un simple lodge. Elle a booké une villa. Trois chambres, une suite, cuisine équipée, jardin, barbecue… On serait bien restés quelques jours de plus. Mais non, ce sera pour une seule nuit.

Le lendemain matin, on fait les sacs, on commande un Uber local qui nous amène à l’agence de location, en réalité la maison des propriétaires. Deux heures à faire le tour des 4×4, signer les papiers, poser les questions. Ensuite courses, plein d’essence, et enfin : on prend la route.

4h30 de route nous attendent jusqu’à l’entrée du parc d’Etosha. Et déjà en chemin, les animaux sont au rendez-vous : springboks, impalas, autruches, gnous et phacochères. La Namibie s’annonce pas mal.

On monte le camp à l’Etosha Trading Post, un camping juste à l’entrée du parc. Très bien organisé. Tentes montées, plongeon rapide dans la piscine pour se rafraîchir, douches, apéro, repas.

Samedi matin, réveillés à l’aube par les voitures qui passent, on décide de s’activer. On entre dans le parc par l’entrée d’Okaukuejo. La route principale pour rejoindre le camp d’Halali est en travaux, on doit faire un détour. Mais mis à part un gros groupe de zèbres, des oryx et quelques springboks/impalas, c’est plutôt calme jusqu’à midi.

Après une pause lunch à Halali, on repart. Encore une heure sans grand succès… et puis soudain, des girafes. Et surtout des rhinocéros ! Deux, juste à côté de nous. C’est magique. On verra aussi des gnous, des steenboks, des dik-diks, des autruches.

Le soir, on passe au point d’eau du camp pour observer les animaux. On y voit des springboks. On revient après le repas, ne voit rien dans un premier temps, et décide d’attendre. Bien nous en a pris : un rhinocéros vient prendre son bain juste devant nous. On reste une demi-heure à l’observer, sans bouger, presque sans respirer.

Dimanche matin, je saute du lit à l’aube pour retourner au point d’eau. Résultat : pas même un springbok. Je rentre bredouille

On replie tout et on repart vers Okaukuejo. Aujourd’hui, l’objectif est clair : voir des éléphants. Spoiler : ils se cachent très bien. Je crois en apercevoir au loin, plusieurs formes gris clair qui traversent la route, mais il s’agit en fait de quatre rhinocéros énormes. Pas des éléphants. Mais quand même, quatre rhinos, c’est déjà pas mal.

On apercevra aussi un chacal et deux lionnes au loin. Au deuxième camp, un grand point d’eau nous réserve une belle surprise : des centaines de zèbres qui se désaltèrent. Et qui crient, un bruit qui ressemble à des chiens, ce qui est assez déconcertant la première fois qu’on l’entend.

La journée se termine au bord de la piscine, puis à lire au point d’eau. Un chacal passe. Pas grand-chose de plus. Jusqu’au repas, du moins. J’observe la webcam du point d’eau et je vois un rhinocéros au bord de l’eau. On allait se coucher, nous voilà donc en pyjama à nous précipiter dehors. C’est une maman avec son petit, rejoints par un mâle. Trois rhinos de plus pour le compteur.

Mardi matin, une dernière heure de route dans le parc. Toujours sans éléphants. On sort donc bredouilles sur ce point-là, mais avec 10 rhinocéros, deux lionnes, des girafes et des zèbres à perte de vue, on n’a pas vraiment à se plaindre.

On prend ensuite la direction d’Outjo pour quelques courses avant de continuer vers Twyfelfontein. On fait une pause pique-nique au Vingerklip, un petit détour qui vaut le coup : une belle vue sur ce qu’on pourrait appeler un mini Monument Valley africain.

Les paysages changent ensuite complètement. Ça devient très vert et rouge, avec des herbes hautes et des fleurs blanches, on se croirait parfois entourés de neige.

À Twyfelfontein, on visite un site de peintures rupestres qui datent de 2 000 à 6 000 ans. Notre guide Sam nous explique plein de choses, y compris les clics de la langue locale, le damara. Les peintures représentent des animaux sauvages, leurs traces de pas, une carte des points d’eau… Le but était de transmettre leur savoir. On y voit même des lions de mer et des flamants roses, preuve qu’ils ont dû voyager loin. Sam nous dit qu’il n’a jamais vu la région aussi verte, il paraît que c’est comme ça depuis février, à cause des fortes pluies. En partant, on croise plein de babouins.

Sur le chemin du retour, Sam nous demande si on compte aller voir les éléphants du désert. C’est prévu pour le lendemain mais rien n’est réservé. Il propose de passer quelques coups de fil pour savoir s’ils ont été aperçus dans le coin. L’appel passé, c’est bon. Il grimpe dans notre voiture et quelques minutes plus tard, on s’enfonce dans des chemins de plus en plus étroits jusqu’à atteindre un lit de rivière asséché que les éléphants suivent en général. On passe en mode 4×4, on repère des traces, et puis une autre voiture de touristes nous indique la direction à prendre.

On roule encore un peu avant de voir deux éléphants. Là, Sam prend le volant, il faut être réactif si un éléphant charge. Un peu plus loin, c’est un groupe entier qui passe devant nous. Vingt éléphants en liberté totale. C’est magique. Les éléphants du désert ont la particularité d’avoir des pattes plus larges pour marcher sur ce type de sol.

Satisfaits de notre rencontre, on dépose Sam chez lui et on rejoint notre camping. J’avais choisi le Mowani Campsite et j’ai bien fait. L’endroit est magnifique : quelques emplacements seulement, tous éloignés les uns des autres, au pied de formations rocheuses. Les toilettes et les douches sont intégrées dans les rochers, c’est génial. On prend un verre à la réception, au bord de la piscine, et on profite du spectacle malgré la nuit qui tombe vite. Quelle journée.

Le lendemain, direction Spitzkoppe avec un arrêt à Uis pour faire le plein. Spitzkoppe, c’est une montagne nommée par les Allemands, entourée d’autres sommets ocre, un ensemble assez fou. On arrive tôt, on tourne un peu pour trouver notre emplacement de camping (premier arrivé, premier servi), et on finit par dénicher un beau spot. Il est encore tôt, on lit un peu, Lauranne et moi grimpons sur une petite montagne. En fin d’après-midi, en allant aux douches, on s’arrête à l’arche, une arche de pierre qui fait comme une fenêtre sur les montagnes, arrêt photo obligé. Douchés, on remonte sur la petite montagne pour un apéro au coucher du soleil.

Le jeudi matin, on replie les tentes, on repasse par l’arche (c’est une autre lumière le matin) et on quitte Spitzkoppe. Prochaine étape : Cape Cross. C’est une colonie d’otaries, plus de 100 000. L’odeur est déplaisante et nous accompagnera toute la journée. Mais quel spectacle. On observera notamment un bébé chercher sa mère et se faire rejeter à chaque fois qu’il se trompe de groupe, le pauvre.

Après un pique-nique au bord de la mer à Henties Bay, on roule à travers des paysages désertiques jusqu’à Swakopmund, une assez grande ville au style allemand. Rapide tour et un peu de shopping.

Dernière étape de la journée : la Moon Valley. Un paysage lunaire qui surgit soudainement depuis la route. C’est grand et étrange. On s’enfonce ensuite dans ce décor jusqu’à une oasis où on passera la nuit.

Le lendemain, réveil aux aurores, rendez-vous à 8h pour un tour à 1h15 de route. Les coqs du camping sont sympas, ils nous réveillent tous avant nos alarmes. Au moins on part à l’heure. On fait un mini arrêt pour voir la lune toute jaune se coucher et l’aube se lever sur la Moon Valley.

On arrive à Walvis Bay après avoir longé la mer sous la brume. Là, on embarque dans deux autres 4×4, aujourd’hui ce n’est pas nous qui conduisons. Direction les salines, où notre guide nous explique que 3 000 tonnes de sel sont exportées chaque jour. On entre ensuite dans le parc du Namib Naukluft, le troisième plus grand parc national au monde, plus grand que la Suisse.

Le but du tour : voir les dunes qui se jettent dans la mer. En chemin, les guides nous montrent comment trouver le fer dans le sable et les geckos qui s’y cachent. On grimpe ensuite dans les dunes jusqu’à Sandwich Harbour, ancien port aujourd’hui ensablé. On admire la vue avant de faire les montagnes russes dans les dunes, la partie préférée de notre guide, qui fait des drifts avec un enthousiasme communicatif. Une fois nos ventres bien retournés, lunch et bulles au soleil. Quelle vie on mène. Sur le chemin du retour, arrêt au bord d’un lac de sel rose.

À Walvis Bay, on dit au revoir à papa, maman et Tom qui reprennent la route vers Windhoek, ils rentrent en Belgique le lendemain. Joujou, Lauranne et moi, on continue pour une semaine supplémentaire. La suite au prochain article !

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